20 novembre 1998
Module Zarya
Vol 1A/R; Proton
Le lancement, en novembre 1998,
du module russe Zarya (signifiant
« Lever de soleil ») a marqué le
début de la construction de cette
nouvelle merveille scientifique et
technologique qui évoluera à
400 kilomètres d’altitude.
Zarya est le terme russe pour « lever de soleil ». Ce module de commande au nom approprié a marqué le début de la Station spatiale internationale lorsqu’il a été lancé par une fusée russe Proton le 20 novembre 1998 et qu’il est devenu la première pièce de ce grand mécano en orbite. Il a d’abord été placé sur une orbite elliptique entre 184 kilomètres et 352 kilomètres d’altitude, pour atteindre ensuite une orbite circulaire à 384 kilomètres, en vue des opérations de rendez-vous.
Zarya, aussi désigné module énergie (FGB), a été construit entre 1994 et 1998 par le Centre spatial Khrounitchev à Moscou dans le cadre d’un marché de sous-traitance conclu avec Boeing pour le compte de la NASA. Il s’agit d’un module de 21 tonnes qui a une longueur de 12,5 mètres et une envergure de 4 mètres. Sa durée de vie opérationnelle prévue est d’au moins 15 ans.
Une fois en orbite, Zarya a servi de liaison primaire entre la Station spatiale et la Terre. Il a aussi été la première source d’énergie de la Station, ses panneaux solaires et ses six batteries au nickel-cadmium fournissant une alimentation électrique de 3 kilowatts. Le module est doté de ports d’amarrage latéraux qui peuvent être utilisés par les engins habités russes Soyouz et les véhicules de réapprovisionnement télécommandés Progress. À mesure que l’assemblage de l’ISS pregressera, les fonctions initiales de Zarya seront transférées à d’autres éléments de la Station, et il servira ensuite principalement de couloir de passage, de port d’amarrage et de lieu de stockage de carburant.
Zarya se fonde sur la riche expérience spatiale de la Russie en matière de vols habités. Cette expérience a été acquise au cours des décennies, depuis avril 1961, alors que le cosmonaute Iouri Gagarine est devenu le premier homme à s’arracher à l’attraction de la Terre et à orbiter autour de la planète en 108 minutes à une altitude de 302 kilomètres. Depuis lors, la Russie a développé des compétences uniques, surtout dans le domaine des vols de longue durée. Pas moins de 16 cosmonautes ont en effet passé un total cumulatif de plus d’un an dans l’espace, à bord de la station orbitale Mir ou d’autres engins.
Zarya nous rappelle que la Station spatiale, notre tremplin vers les étoiles, est l’entreprise scientifique et technologique la plus ambitieuse de l’histoire. Et Zarya, construit par des Russes et des Américains comme module initial d’un projet international auquel participent le Canada et 15 autres pays, représente aussi un symbole éloquent de la volonté des puissances spatiales du monde de mettre la science et la technologie au service de la coopération internationale.
La technologie canadienne a aussi fait partie intégrante de ce premier lancement historique. Le Système canadien de vision spatiale (CSVS, pour Canadian Space Vision System) a été utilisé pour les opérations de jonction du module russe Zarya au laboratoire américain et aux Adaptateurs pressurisés (PMA pour Pressurized Mating Adapters). Pour accomplir cette tâche, des cibles spéciales de couleur noire faisant partie du CSVS ont été installées sur Zarya de même que sur Unity et les PMA. Les télécaméras de la navette et de la Station servent de capteurs pour le CSVS. Ces caméras sont pointées sur les cibles spéciales placées sur l’objet à suivre. Au fur et à mesure que l’objet se déplace, le Système de vision détecte les changements de position des cibles, calcule l’emplacement et l’orientation de l’objet et fournit ces données à l’opérateur sous forme de repères graphiques et textuels. Le Canada participera au positionnement de quelque 600 cibles du CSVS en divers endroits sur la Station. Ces cibles viennent rehausser la performance de la contribution canadienne à l’ISS, c’est-à-dire le Système d’entretien mobile.
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Dans la portion de droite de l’image, on aperçoit les cibles du Système canadien de vision spatiale installées sur Zarya. Cet élément canadien a joué un rôle crucial dans le raccordement des modules Zarya et Unity, les deux premiers éléments de la Station spatiale internationale. |
Le CSVS fournira aux astronautes des données précises sur la position et l’orientation des objets de grande taille qu’ils manipulent ou qu’ils amarrent à l’aide des robots canadiens, rendant ainsi leurs opérations plus efficaces et sécuritaires. Les télécaméras de la navette et de la Station servent de capteurs pour le Système canadien de vision spatiale. Ces caméras sont pointées sur les cibles spéciales placées sur l’objet à suivre. L’image de gauche indique l’emplacement des cibles installées sur le module Zarya telles qu’on peut les voir de l’avant de la Station. On peut observer sur l’image de droite, les cibles situées à babord sur Unity.
Le module Zarya est également équipé d’une borne électromagnétique (PDGF). Cet élément technologique de fabrication canadienne permettra au bras robot du Système d’entretien mobile (Télémanipulateur de la Station spatiale ou SSRMS, pour Space Station Remote Manipulator System) de se déplacer vers divers points de la Station où d’autres bornes seront installées. Ce dispositif permet à un manipulateur robotisé, comme le Canadarm, de saisir et de manœuvrer une charge utile. Les bornes électromagnétiques seront situées en divers endroits sur la Station et peuvent servir de dispositifs d’ancrage ou encore de préhenseur pour le Télémanipulateur (SSRMS). Ces bornes servent également au transfert de l’énergie et des données dont auront besoin les astronautes pour accomplir leur travail. La Base de l’unité mobile fournie par le Canada sera équipée de quatre bornes électromagnétiques qui feront de celle-ci une base opérationnelle pour le SSRMS ainsi que pour le Manipulateur agile spécialisé, le robot canadien à deux bras.
Source : Agence spatiale canadienne